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Les syndromes CAPS : une prise en charge en pleine transformation

Les syndromes périodiques associés à la cryopyrine (CAPS) sont des maladies génétiques rares qui toucheraient 150 à 200 patients en France, mais auxquelles le médecin généraliste, le pédiatre et de nombreux spécialistes peuvent être confrontés. Leur pronostic a été transformé par les biothérapies bloquant l’interleukine-1 bêta, médiatrice majeure de l’inflammation.

D’après un entretien avec le Pr Isabelle Koné-Paut, chef du service de pédiatrie générale, Hôpital de Bicêtre, Hôpitaux Universitaires Paris-Sud (Le Kremlin Bicêtre).

Un continuum de trois maladies auto-inflammatoires

Les syndromes CAPS sont des maladies auto-inflammatoires, touchant l’immunité innée, un système de défense rapide et peu spécifique purement inflammatoire, impliquant des cellules du sang qui sont les monocytes et les macrophages, par opposition aux maladies auto-immunes qui touchent l’immunité adaptative, un système de défense spécifique, retardé, impliquant des lymphocytes produisant des auto-anticorps. Les syndromes CAPS regroupent trois maladies : l’urticaire familiale au froid, le syndrome de Muckle et Wells, et le syndrome CINCA/NOMID (syndrome chronique infantile neurologique cutané et articulaire néonatal). Des formes intermédiaires sont également décrites.

Ces syndromes sont en relation avec des mutations du gène NLRP3 qui code pour la cryopyrine dont la fonction est de détecter des signaux de danger par la cellule. Les mutations entraînent une activité permanente de la cryopyrine ce qui provoque une production excessive de l’interleukine-1 bêta avec pour conséquence la survenue de manifestations inflammatoires.

Des manifestations cliniques caractéristiques de l’inflammation

Les patients atteints de syndromes CAPS ont en commun de ressentir des signes généraux comme une fatigue intense, de la fièvre et/ou des frissons, avec des éruptions cutanées ressemblant à de l’urticaire, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées et des conjonctivites. Ces symptômes retentissent fortement sur la qualité de vie des patients, notamment sur leur vie professionnelle, avec une grande difficulté à conserver un emploi, et sur leur vie sociale.

Le diagnostic repose essentiellement sur un faisceau d’arguments cliniques appuyés par des examens paracliniques. Les signes biologiques d’inflammation, avec une élévation de la C réactive protéine, sont un argument diagnostique important. Dès que le diagnostic est évoqué, il doit conduire à solliciter l’avis d’un spécialiste ou d’un médecin hospitalier d’un centre de référence, et à réaliser un diagnostic génétique. Il recherchera une mutation dans le gène NLRP 3. Cependant, cet examen n’est pas contributif dans 100% des cas. En effet, l’absence de mutation (8 à 50 % des cas selon les formes) ne peut pas faire éliminer le diagnostic de CAPS, surtout chez les patients présentant une forme sévère type CINCA.

 

 

Des nouveaux traitements spécifiques

Les biothérapies inhibitrices de l’interleukine-1 (IL-1), un médiateur clé de l’inflammation, ont transformé la prise en charge des patients avec syndrome CAPS. Il s’agit actuellement des seuls traitements de fond ayant démontré leur efficacité dans ces pathologies. Ces biothérapies ont permis d’améliorer considérablement les symptômes, entrainant une rémission clinique et biologique rapide et améliorant en parallèle la qualité de vie.

Les inhibiteurs de l’IL-1 agissent sur la composante inflammatoire de la maladie mais peu sur les séquelles. C’est pourquoi leur prescription doit être faite le plus précocement possible, en centre de référence. Ces traitements s’administrent par voie sous-cutanée à une fréquence variable selon la durée d’action du produit. Il est possible d’éduquer les patients de manière à ce qu’ils puissent réaliser eux-mêmes leurs injections.

 

 

Un essor notable de la rhumatologie pédiatrique

Les progrès dans la compréhension des mécanismes de l’inflammation, et l’utilisation des biothérapies en rhumatologie chez l’adulte, ont entraîné une amélioration majeure dans la prise en charge des affections rhumatologiques inflammatoires de l’enfant. Ces nouvelles avancées ont été le résultat notamment de dispositions réglementaires comme le Pediatric Rule qui permet à l’industrie pharmaceutique réalisant des essais thérapeutiques chez l’enfant de prolonger la durée de leurs brevets.

Ces essais cliniques chez l’enfant ont abouti à la mise sur le marché de traitements plus efficaces pour l’arthrite juvénile idiopathique, maladie la plus fréquente, comme les anti-TNF pour les formes polyarticuliares,  dès le début des années 2000.  Plus récemment les biothérapies anti-IL-1 mais aussi anti-IL-6 ont transformé la prise en charge de l’arthrite juvénile systémique (maladie de STILL).

 

 

Thierry Billoir

 

Le Pr Koné-Paut déclare des liens d’intérêt avec les laboratoires Novartis, SOBI, Pfizer, Abbvie et Chugai. 
« Cette interview a été réalisée pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cette interview n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

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Publié le 06/02/14

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