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Traitement du lymphome hodgkinien : première avancée en plus de 30 ans

Le lymphome est un cancer qui touche les ganglions lymphatiques. On en distingue deux grands types : le lymphome hodgkinien, autrefois appelé maladie de Hodgkin, et les lymphomes non hodgkiniens. Depuis de nombreuses années, grâce à la chimiothérapie et à la radiothérapie, leur pronostic est généralement bon, sauf pour un certain nombre de patients atteints de lymphomes hodgkiniens récidivants ou réfractaires. Le pronostic de ces patients a été récemment amélioré de façon majeure grâce à l’apparition du premier anticorps conjugué à un agent cytotoxique, une nouvelle génération de traitement en cancérologie.

D’après un entretien avec le Pr Guillaume Cartron, chef du département d’hématologie, UMR CNRS 5235, CHU de Montpellier.

Les lymphomes

Le lymphome est une maladie maligne des ganglions dont le point de départ est le lymphocyte, cellule du sang qui appartient à la famille des globules blancs. Le lymphocyte est une cellule circulante en charge de l’immunité qui fait partie du système lymphatique, composant essentiel du système immunitaire constitué par des vaisseaux dans lesquels circule la lymphe. Sur ce réseau lymphatique, les ganglions jouent le rôle de filtres qui retiennent l’ensemble des micro-organismes, des agents extérieurs ou des cellules malades, pour les éliminer. Le lymphome est en France le 5e ou le 6e cancer selon les statistiques, ce qui représente environ 15 000 cas par an.

 Il existe une grande variété de lymphomes. On en distingue deux grandes catégories. Le lymphome hodgkinien, autrefois appelé maladie de Hodgkin, représente 2 000 à 2 500 cas par an. Il est le premier à avoir été identifié et à avoir bénéficié d’un traitement. Il touche plutôt les sujets jeunes. Les lymphomes non hodgkiniens représentent 80 à 85 % des cas (12 000 à 12 500 personnes atteintes par an), et sa fréquence, au contraire de celle du lymphome de Hodgkin, croît avec l’âge. 

Des traitements efficaces, mais avec des limites

C’est à partir des années 1960 que les médecins ont commencé à guérir les premiers patients atteints de lymphomes grâce à l’utilisation de la chimiothérapie associée ou non à la radiothérapie. Ces deux types de traitement, qui sont utilisés aussi bien dans les lymphomes hodgkiniens que dans les lymphomes non hodgkiniens, agissent spécifiquement sur les cellules en division, et donc les cellules en prolifération, ce qui est la caractéristique essentielle des cellules malignes. La cible thérapeutique de ces deux traitements est l’ADN qui se réplique à chaque division cellulaire. C’est en altérant cette division cellulaire que ces traitements stoppent la croissance de la maladie. Ils sont efficaces mais au prix d’un certain nombre d’effets secondaires, lesquels résultent de leur manque de sélectivité et donc de leur impact délétère sur les cellules saines. Ils ont aussi certaines limites. En effet, toutes les cellules malignes ne se multiplient pas. Il existe toujours un contingent de cellules qui sont dites « quiescentes ». La chimiothérapie ou la radiothérapie sont peu actives sur ces cellules qui échappent donc au traitement et constituent une source potentielle de rechutes ultérieures.

Un pronostic généralement bon, mais il reste des échecs

Les lymphomes sont donc des maladies chimiosensibles pour lesquelles, au moment du diagnostic, un projet thérapeutique de guérison est élaboré. Il faut souligner l’importance du bilan préthérapeutique qui permet d’évaluer précisément la pathologie et son extension, ainsi que les caractéristiques du patient, pour réunir les éléments nécessaires à la mise en œuvre d’une prise en charge adaptée.
En ce qui concerne les lymphomes non hodgkiniens, qui constituent un groupe très hétérogène incluant une trentaine de types différents, il est essentiel de connaître le sous-type exact de la maladie. Le plus souvent, l’objectif thérapeutique est de faire disparaître la maladie définitivement ou tout au moins de la façon la plus prolongée possible.
Dans le cas des lymphomes hodgkiniens, l’objectif est le même et dans un grand nombre de cas il est obtenu avec l’association chimiothérapie-radiothérapie, sauf pour un certain nombre de patients considérés comme récidivants ou réfractaires et pour lesquels des progrès thérapeutiques importants ont été récemment enregistrés.

Une nouvelle génération de médicaments : l’anticorps conjugué médicament

La survenue d’une maladie maligne est en grande partie la traduction d’un défaut de surveillance du système immunitaire et, dès les années 1990-2000, les progrès des biotechnologies et des recherches menées sur des thérapies ayant une cible unique ont abouti à développer des médicaments « sélectifs », capables de s’attaquer spécifiquement aux cellules cancéreuses en reconnaissant chez elles une caractéristique précise (récepteur, gène ou protéine). La mise au point des thérapies ciblées, et plus précisément des anticorps monoclonaux, a constitué une première avancée thérapeutique majeure, dans la mesure où leur sélectivité leur permettait d’épargner au maximum les cellules saines.
Puis, afin d’augmenter l’efficacité de cette stratégie thérapeutique, les scientifiques ont imaginé de coupler l’anticorps monoclonal dirigé contre la cellule maligne à un médicament chimiothérapique. Ce nouveau type d’anticorps « conjugué médicament » ou ADC (Antibody Drug Conjugate) a permis d’améliorer considérablement le pronostic des patients atteints de lymphomes hodgkiniens récidivants ou réfractaires, avec 75 % de réponses au traitement et une bonne tolérance. 
Ce nouveau traitement, qui constitue la première avancée majeure en plus de 30 ans dans ce domaine, permet de répondre à un vrai besoin médical, même si, heureusement, ce n’est pas une situation très fréquente. Mais il s’agit d’une situation grave car cela concerne souvent des sujets jeunes, qui se retrouvent alors en grande difficulté.

Thierry Billoir

Le Pr Cartron déclare des liens d’intérêts avec Takeda, Roche, GSK qui commercialisent tous des anticorps monoclonaux. 
« Cette interview a été réalisée pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cette interview n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

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Publié le 02/05/14

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