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Psoriasis : les biothérapies ont changé la vie des patients

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau fréquente touchant 2 à 3 % de la population. Elle est source d’un vécu psychologique difficile y compris dans les formes dites légères. Elle associe des troubles de la kératinisation à des phénomènes inflammatoires complexes mais de mieux en mieux connus. Grâce à ces connaissances, d’importants progrès ont été réalisés ces dernières années dans la prise en charge de cette maladie avec le développement des biothérapies qui depuis 2005 ont apporté une solution pour les patients atteints des formes modérées à sévère, intolérants ou résistants aux traitements systémiques classiques. Ces biothérapies, principalement les anti-TNF alpha, ont permis de traiter avec succès la plupart des malades qui étaient en impasse thérapeutique. Dans cette affection au retentissement majeur, entraînant stigmatisation, repli sur soi, souffrance physique et morale, elles ont changé la vie quotidienne des patients.

D’après un entretien avec le Pr Denis Jullien, service de Dermatologie, vénérologie, allergologie et dermatologie esthétique, Hôpital Edouard Herriot, CHU de Lyon.

Une maladie chronique au retentissement important

Le psoriasis est une maladie chronique qui correspond à une prolifération excessive de l’épiderme donnant lieu à des plaques érythémateuses, en relief (hyperkératose) et squameuses, qui résultent de la mise en place inadaptée d’un mécanisme normal de protection que la peau oppose aux agressions extérieures. Il s’agit d’une maladie chronique pour laquelle il n’existe pas de possibilité de guérison mais pour laquelle il est possible, grâce à certains traitements, de faire en sorte qu’il n’existe plus de lésions cutanées visibles, ce que l’on appelle « blanchir » la maladie, ce qui permet aux patients de retrouver une certaine qualité de vie avec moins de gêne au quotidien. Les lésions cliniques du psoriasis sont assez faciles à reconnaître. Elles sont souvent le site d’une démangeaison donnant lieu à des lésions de grattage. Les localisations électives dites « zones bastion » sont les zones de frottement : coudes, genoux, la région sacrée (pli des fesses) et le cuir chevelu. Ces lésions peuvent être confluentes et prendre un aspect diffus donnant une allure d’érythrodermie psoriasique. Elles peuvent se localiser sur le visage, dans la région péri narinaire et péri buccale. Il existe des formes plus rares, pustuleuses. Mais le psoriasis n’est pas seulement une maladie cutanée : dans 20 à 30 % des cas les patients développent un rhumatisme psoriasique, le plus souvent après l’atteinte cutanée et avec un délai qui peut atteindre plusieurs années. L’atteinte rhumatologique peut être inaugurale. Enfin un certain nombre de risques supplémentaires sont associés au psoriasis : métaboliques (surpoids, diabète), cardiovasculaires, dépressifs. Ils montrent l’importance d’une  prise en charge globale des patients.

Une première révolution : les biothérapies dans le psoriasis

Au cours des 15 à 20 dernières années, des progrès ont été réalisés dans la connaissance de la maladie, ce qui a permis des avancées dans le domaine thérapeutique. Conçue d’abord comme un phénomène d’hyperprolifération kératinocytaire, avec l’utilisation de molécules anti prolifératives, la maladie psoriasique a ensuite été considérée comme une maladie liée aux lymphocytes T, avec le développement de molécules capables d’inhiber ces lymphocytes effecteurs, mais ces molécule n’étaient pas dénuées de toxicité. La vraie révolution est venue lorsque les anti TNF alpha, qui avaient d’abord été développés en rhumatologie, ont été employés dans le psoriasis. Cette découverte a été en partie due au hasard chez les patients traités par anti TNF alpha pour d’autres maladies telles que la maladie de Crohn, une maladie parfois  associée au psoriasis. Chez ces patients traités pour une maladie de Crohn et qui avaient aussi un psoriasis, le bénéfice de l’utilisation des anti TNF alpha a également été observé sur le psoriasis. À partir de là, les anti-TNF alpha ont été développés dans cette pathologie, avec succès, ce qui a  permis de sortir  de l’impasse thérapeutique de nombreux patients. Plus récemment, l’identification du rôle d’autres cytokines comme les interleukines 12 et 23, a permis le développement d’une nouvelle classe de biothérapies inhibant ces deux interleukines, avec un bénéfice supplémentaire résidant dans la possibilité pour les patients d’un traitement en seulement quatre injections sous-cutanées par an.

Une seconde révolution à venir : les traitements par voie orale

Avec ces nouvelles molécules, les patients réfractaires ou échappant au traitement sont de moins en moins nombreux.  Mais pour toutes les biothérapies disponibles, un grand nombre de patients perdent leur réponse au fur et à mesure du temps, après avoir été de bons répondeurs pendant quelques mois ou quelques années, si bien qu’en l’absence d’un nouvel effort de recherche, les médecins pourraient, après avoir amélioré un grand nombre de patients, se trouver en situation de ne plus pouvoir les traiter. C’est pourquoi de  nouvelles voies de recherche sont en cours d’exploration. De nouvelles molécules sont en développement comme des inhibiteurs de l’interleukine 17 et pour certaines formes de psoriasis, en particulier pustuleux, une autre classe de biomédicaments ciblant l’interleukine 1. Les recherches portent aussi sur de nouvelles approches portant sur de petites molécules administrées par voie orale, intervenant sur des voies de signalisation intracellulaire impliquées dans la transmission du signal des cytokines.

Une prise en charge d’excellence en dermatologie

Le psoriasis est une maladie fréquente qui est suffisamment prévalente dans la population pour que la prise en charge des formes les plus habituelles ne pose pas de difficultés aux médecins. Il est important de bien écouter son patient, pour lui proposer le bon traitement, sachant que pour les traitements les plus récents, la prescription initiale doit être réalisée à l’hôpital. Pour les centres d’excellence proprement dits, il faut se référer au Groupe de recherche sur le psoriasis de la Société Française de Dermatologie.

Thierry Billoir

Liens  d’intérêt : Le Pr Jullien déclare des liens d’intérêts (Orateur invité et/ou membre d’advisory board et/ou consultant et/ou investigateur et/ou bénéficiaire de l’hospitalité et/ou rédacteur)  avec les compagnies pharmaceutiques suivantes : Abbvie, Amgen,  Jansen-Cilag, Lilly, MSD, Novartis et Pfizer
« Cette interview a été réalisée pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cette interview n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

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Publié le 07/04/15

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