Association des laboratoires internationaux de recherche

logo LIR 2015 web

Les progrès dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde

La mortalité cardiovasculaire a reculé de 56 % en vingt-cinq ans (1980-2004) grâce au progrès de la prévention et aux améliorations considérables du traitement des maladies cardiaques durant ces trois dernières décennies. Parmi ces progrès, ceux réalisés dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde ont été considérables. Entre 1995 et 2010, les enquêtes épidémiologiques montrent une diminution spectaculaire de la mortalité des patients hospitalisés (de près de 14 % à 4,4 %). Ces bons résultats sont dus à la prévention et aux progrès des traitements, mais aussi à l’amélioration des circuits de prise en charge et à la sensibilisation du public.

D’après un entretien avec le Pr Nicolas Danchin, département de cardiologie, Hôpital européen Georges-Pompidou, Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Une pathologie aiguë potentiellement mortelle

L’infarctus du myocarde correspond à une zone du muscle cardiaque (qu’on appelle le myocarde), qui est brutalement privée d’oxygène. Le myocarde est irrigué par un système artériel dans lequel circule le sang qui apporte l’oxygène dont les organes ont besoin. L’infarctus se produit lorsqu’une des artères du cœur, une artère coronaire, est brutalement obstruée par un caillot sanguin, si bien qu’il n’y a plus de sang, et donc plus d’oxygène, dans une partie du myocarde. Cet événement entraîne deux types de conséquences très importantes : la première est que cette zone du muscle cardiaque va cesser de se contracter, or le muscle cardiaque est une pompe qui doit se contracter 70 fois par minute pour faire circuler le sang dans tout l’organisme ; la deuxième est la génération de courants électriques à l’intérieur du cœur, pouvant provoquer une fibrillation ventriculaire, qui peut être responsable d’un arrêt cardiaque.
Il existe plusieurs types d’infarctus du myocarde mais on en distingue essentiellement deux. Le premier, le plus classique, correspond à l’obstruction brutale et permanente d’une artère. C’est l’infarctus avec sus-décalage de ST, le sus-décalage du segment ST étant une anomalie de l’électrocardiogramme (ECG) qui caractérise le type d’infarctus. Cette forme est la plus grave. Le second est une forme où les douleurs sont généralement moins prolongées : c’est l’infarctus sans sus-décalage de ST. Il résulte fréquemment d’occlusions intermittentes des artères et se rencontre souvent chez des patients qui ont une maladie des artères coronaires plus étendue, donc des sujets plus âgés. Le risque immédiat de ce type d’infarctus est moindre que celui des infarctus avec sus-décalage de ST mais, à plus long terme, c’est une maladie sévère parce qu’elle traduit une assez grande étendue de la maladie coronarienne. 

Trente ans de progrès thérapeutiques

Au cours des vingt dernières années, le paysage de l’infarctus du myocarde a considérablement évolué, avec l’apparition de nouveaux traitements de reperfusion myocardique, une meilleure organisation des circuits de prise en charge et des bouleversements dans l’utilisation précoce des traitements médicamenteux. Ces progrès sont venus d’une meilleure connaissance de ses causes. Jusqu’à il y a une trentaine d’années les médecins n’étaient pas totalement certains du rôle du caillot à l’intérieur des artères coronaires comme facteur déclenchant. Maintenant, il est bien établi que les infarctus surviennent lorsqu’une plaque d’athérome se fissure. Cette fissure crée à l’intérieur de l’artère l’équivalent d’une blessure que le sang va essayer de réparer en fabriquant un caillot. Une artère coronaire ayant un diamètre de l’ordre de 3 mm, ce caillot peut très vite l’obstruer complètement. Quand les médecins ont compris l’importance du caillot comme facteur générateur de l’infarctus du myocarde, des traitements appropriés ont été développés pour essayer de supprimer cette thrombose et déboucher l’artère.

Une amélioration des circuits de prise en charge

Parallèlement à la mise à disposition de médicaments innovants administrés dans les premières heures de l’infarctus du myocarde et de nouveaux traitements de reperfusion myocardique, l’organisation générale des soins dans la prise en charge de cette pathologie s’est largement modifiée en France depuis 1995 avec la fermeture de nombreux services de plus petite taille et la « centralisation » des patients vers de plus gros centres, dont la plupart disposent d’un plateau technique de cardiologie interventionnelle. Le recours au SAMU est de plus en plus fréquent, en lien avec les campagnes d’information du grand public incitant les personnes victimes d’un infarctus à appeler le plus vite possible le Centre 15. Le délai d’appel entre l’apparition des premiers symptômes et le premier contact avec une structure médicalisée s’est considérablement réduit.
Les enquêtes, réalisées tous les cinq ans en France depuis 1995 sur les patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde, ont permis de montrer que le délai d’appel entre le début des douleurs et le moment où le malade ou sa famille appelle le premier médecin ou le premier système de secours, souvent le SAMU, était en moyenne de deux heures en l’an 2000, c’est-à-dire que 50 % des personnes appelaient au-delà de deux heures après le début de la douleur. En 2010, ce délai était d’une heure et quart. Par ailleurs, dans le cas de l’infarctus sans sus-décalage du segment ST, qui est parfois plus difficile à reconnaître que l’infarctus avec sus-décalage de ST, où il suffit le plus souvent de lire l’ECG pour voir l’anomalie caractéristique, il existe maintenant un moyen de savoir, par une simple prise de sang, si des cellules myocardiques ont été détruites. Ces cellules libèrent des protéines que l’on peut doser dans le sang, ce qui permet de faire le diagnostic d’infarctus plus facilement qu’on ne le faisait il y a une quinzaine d’années.

Des résultats à long terme : la prévention secondaire

L’ensemble de ces avancées s’est traduit en termes de résultats précoces, avec un important recul de la mortalité dans le mois qui suit un infarctus du myocarde. Pour  maintenir ces bons résultats à long terme, là aussi des progrès ont été faits grâce aux médicaments de prévention secondaire. Ils agissent de deux manières. La première est de diminuer la capacité du sang à fabriquer des caillots avec les antiagrégants plaquettaires. Le plus connu et le plus ancien est l’aspirine. Elle est prescrite à très petites doses pour inhiber la coagulation du sang. Aujourd’hui, d’autres médicaments viennent compléter son action. On les prescrit pour une période d’un an après l’infarctus du myocarde en association à l’aspirine, puis cette dernière est poursuivie à long terme. La deuxième manière d’agir consiste à ralentir le développement de l’athérome avec des médicaments qui font baisser les taux de LDL-cholestérol (le mauvais cholestérol) dans le sang. Il s’agit des statines. Il faut également agir sur les des facteurs de risque existants : traiter un éventuel diabète ou une hypertension artérielle, arrêter un tabagisme existant au besoin avec l’aide de médicaments.

Un nouveau sujet de préoccupation : l’obésité

Il existe un nouveau sujet d’inquiétude pour les cardiologues, c’est l’augmentation de l’obésité dans la population, y compris dans un pays comme la France et, sa conséquence, l’augmentation du nombre de patients diabétiques. Et les médecins craignent que ces deux facteurs finissent par compromettre, dans les dix à quinze prochaines années, les progrès enregistrés précédemment. La lutte contre le surpoids est un impératif de santé publique. Et elle passe par des actions sur le mode de vie, l’activité physique et la manière de se nourrir.

Thierry Billoir

Le Pr Danchin déclare avoir des liens d’intérêts avec la plupart des industriels impliqués dans le domaine de la cardiologie.
« Cet entretien a été réalisé pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cet entretien n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

Recommander cet article :

Publié le 26/01/15

Les 12 entreprises internationales membres du LIR

  • Laboratoire Abbvie
  • Laboratoire Astellas
  • Laboratoire Astrazeneca
  • Laboratoire Bayer
  • Laboratoire Biogen
  • Laboratoire Boehringer Ingelheim
  • logo-gsk-2014
  • Laboratoire Janssen
  • MSD LOGO
  • Laboratoire Novartis
  • Laboratoire Roche
  • Laboratoire Takeda

 

Copyright © 1997-2018 Imaginons la Santé - c/o Régus Trocadéro - 112 Avenue Kléber - 75016 Paris

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON
Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.

Ce site ne collecte aucune donnée personnelle sans votre consentement préalable.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre Politique de confidentialité - En savoir plus

J'ai compris

Nous utilisons les technologies standard de l’Internet nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de ce site. Cela veut dire que, de fait, nous collectons et stockons des informations, mais par défaut ce sont des informations anonymes et qui ne sont stockées que le temps de votre visite.

Par exemple nous détectons le type de navigateur que vous utilisez pour que notre serveur vous délivre la page la mieux optimisée, ou nous déponsons un cookie de session pour assurer la sécurité de votre navigation.

Evidemment, si vous vous inscrivez à l’un de nos services (mailing liste, espace personnel, etc.), ou que vous nous contactez, nous vous demandons des données personnelles.
Pour savoir comment nous les gérons ou comment exercer vos choix, consultez notre Politique de confidentialité.