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La fin de la chirurgie pour les ulcères digestifs

La maladie ulcéreuse gastroduodénale est une pathologie dont la prise en charge thérapeutique a été radicalement modifiée au cours de ces dernières années. Autrefois chirurgicale dans beaucoup de cas, cette prise en charge est devenue médicamenteuse, avec d’abord l’apparition des premiers traitements anti-sécrétoires, et ensuite, depuis la découverte du rôle d’une bactérie, Helicobacter pylori, l’utilisation d’antibiotiques qui permettent actuellement une guérison sans rechutes dans la presque totalité des cas.

D’après un entretien avec le Pr Philippe Ducrotté, service d’hépato-gastro-entérologie et nutrition, CHU Charles-Nicolle, Rouen.

Autrefois, le traitement des ulcères gastroduodénaux était fréquemment chirurgical

Il y a quelques décennies, le traitement des ulcères reposait sur différents moyens de réduire l’acidité gastrique, préjugée en excès, avec le régime lacté d’abord, puis l’utilisation de substances, atropiniques en particulier, destinées à bloquer l’acétylcholine qui joue un rôle dans la sécrétion acide gastrique. Mais ces médicaments étaient souvent en échec et il était nécessaire, pour obtenir le même résultat, de recourir à une chirurgie qui exposait les patients à des séquelles et ne les mettait pas à l’abri de récidives. Au total, la pathologie ulcéreuse gastroduodénale restait responsable de nombreux décès chaque année.

Les premiers médicaments efficaces

Au début des années 1980, l’arrivée d’antisécrétoires beaucoup plus puissants que ceux qui étaient utilisés auparavant fut un progrès. La première famille d’antisécrétoires à avoir bouleversé le traitement des ulcères étaient des médicaments qu’on appelait des antagonistes des récepteurs H2 de l’histamine, dont le premier est apparu en 1977, suivi par d’autres. Ces traitements ont représenté une amélioration significative de la prise en charge de l’ulcère en permettant de beaucoup mieux contrôler la sécrétion gastrique acide et donc en favorisant la cicatrisation des ulcères. Mais il ne mettait pas les malades à l’abri des récidives qui étaient très fréquentes lorsqu’ils arrêtaient le traitement. Puis le développement d’une nouvelle classe de médicaments, les inhibiteurs de la pompe à protons, a marqué un progrès supplémentaire à partir de 1989.

 

 

Le rôle de la bactérie Helicobacter pylori : une découverte qui a bouleversé le traitement de l’ulcère

En 1982, J. Robin Warren et Barry J. Marshall, en Australie, découvrent le lien qui existe entre une pathologie inflammatoire ou ulcéreuse de l’estomac ou du duodénum, et une bactérie vivant dans le mucus gastrique, appelée Helicobacter pylori. Cette découverte leur a valu le prix Nobel de médecine en 2005. Sa pathogénicité est liée à sa capacité de survivre dans le milieu gastrique et de coloniser l’estomac. Cette bactérie est capable d’induire une gastrite chronique active en secrétant des facteurs de lésions tissulaires et en provoquant une réaction immunitaire humorale et cellulaire. Il a d’abord été prouvé que la gastrite à Helicobacter pylori était présente dans 95 % des cas des ulcères duodénaux. On retrouve le même pourcentage pour les ulcères gastriques.

 

 

Grâce aux innovations thérapeutiques, le traitement est aujourd’hui uniquement médical, la chirurgie a disparu

Le traitement actuel de la maladie ulcéreuse gastrique et duodénale repose donc sur l’éradication d’Helicobacter pylori. Pour cela, les médecins utilisent l’association de deux antibiotiques avec un inhibiteur de la pompe à protons à double dose pour que les conditions d’action des antibiotiques soient optimales. Ce traitement prévient les récidives dans pratiquement 100 % des cas. Pour cela, il faut obtenir une éradication effective et, avec les premiers traitements proposés, cette éradication n’était obtenue que dans 70 % des cas environ. Avec le traitement actuel, les taux d’éradication sont meilleurs, entre 80 et 90 %, et plus récemment, avec l’introduction des sels de bismuth dans la stratégie thérapeutique, des taux d’éradication supérieurs à 90 % sont obtenus. Les innovations successives majeures du traitement médical ont fait totalement disparaître les indications de la chirurgie dans la prise en charge de la maladie ulcéreuse au plus grand bénéfice des patients.

 

 

Thierry Billoir

 

Le Pr Ducrotté ne déclare aucun lien d'intérêt en rapport avec le sujet abordé dans cet entretien.
« Cette interview a été réalisée pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cette interview n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

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Publié le 22/04/14

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