Association des laboratoires internationaux de recherche

logo LIR 2015 web

L’innovation en vaccinologie : un enjeu de santé publique

Plusieurs décennies de recherche ont permis la mise au point de vaccins mono ou plurivalents. Ils ont considérablement contribué au recul de nombreuses maladies infectieuses. Plus de cinquante vaccins ou conjugaisons de vaccins sont aujourd’hui à la disposition de la population française. Avec le développement incessant de nouvelles souches virales, la recherche en vaccinologie se doit d’innover continuellement.
La vaccination est le moyen le plus efficace et le moins coûteux de se protéger contre les maladies infectieuses. Elle permet de sauver 2 à 3 millions de vies chaque année dans le monde (Inserm, 2012). Constitué d’un agent infectieux (bactérie ou virus) atténué au niveau de son pouvoir pathogène, inactivé ou encore doté d’une sous-unité antigénique, le vaccin permet à l’organisme d’apprendre à reconnaître les antigènes présents à sa surface et à créer une réponse immunitaire capable de protéger contre l’infection. La vaccination exploite ainsi la capacité de l’organisme à reconnaître une structure exogène et à la mémoriser de manière à réagir plus rapidement qu’en cas d’infection nouvelle. Parfois, des rappels sont nécessaires afin de permettre à l’organisme de conserver cette mémoire immunitaire. Au-delà d’une protection individuelle, la vaccination permet d’établir une immunité de groupe suffisante pour préserver une collectivité contre une maladie à potentiel épidémique : on se vaccine pour soi et pour les autres. Protéger le plus grand nombre de manière simple et peu agressive ainsi qu’enrayer ou éviter la résurgence d’épidémies constituent des objectifs essentiels en santé publique.

D’après un entretien avec le Pr Jean Beytout, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Clermont-Ferrand.

Les enjeux de la vaccination : servir l’intérêt collectif et innover

Le calendrier vaccinal national, qui concerne toutes les personnes présentes sur le territoire national, a essentiellement des objectifs de santé publique : les nouvelles recommandations sont établies surtout en fonction des données épidémiologiques. Le calendrier vaccinal 2013 est devenu intégralement adapté à l’âge dans un double but :

  • assurer à tous les âges une protection optimale en n’administrant que le strict nombre d’injections vaccinales nécessaires ;
  • rendre ce nouveau calendrier 2013 plus facilement applicable par les professionnels de santé.

D’ailleurs, les vaccins n’ont cessé de progresser en sécurité et en précision. Face à l’enjeu d’immuniser au plus vite les nourrissons contre les nombreux risques infectieux qu’ils sont susceptibles de rencontrer, il est apparu très vite que des associations de vaccins étaient souhaitables. Les combinaisons plurivalentes n’ont cessé de se développer durant ces dernières décennies. Actuellement, les vaccins hexavalents (diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Hæmophilus influenzæ b, hépatite B) permettent à la fois de diminuer le nombre d’injections mais aussi d’immuniser plus largement les nourrissons.

 

 

Vacciner pour prévenir les cancers

Au-delà des pathologies infectieuses, certains vaccins jouent un rôle dans la prévention des cancers. Que ce soit le vaccin contre le papillomavirus (anti-HPV) pour le cancer du col de l’utérus ou le vaccin contre le virus de l’hépatite B pour le cancer hépatique, l’un et l’autre permettent de diminuer considérablement les risques de développer plus tard une lésion cancéreuse potentiellement mortelle. L’efficacité du vaccin contre l’hépatite B dans la prévention du cancer du foie viro-induit est aujourd’hui scientifiquement démontrée par de nombreuses études, notamment asiatiques. En France, le nombre de cancers du foie liés au virus de l’hépatite B devrait diminuer grâce au succès de la vaccination contre l’hépatite B chez les nourrissons ; mais avec quel retard ! Si le premier vaccin contre l’hépatite B est né en France, un retard a été pris concernant la couverture nationale potentiellement attendue (supérieure à 90 % des nourrissons et des adolescents), à la suite de polémiques hexagonales sur la tolérance de ce vaccin. Même si les études menées par la suite disculpent le vaccin, la France affiche toujours la plus mauvaise couverture vaccinale des pays industrialisés. Ainsi, une génération de jeunes adultes en âge d’être confrontés à l’hépatite B est aujourd’hui insuffisamment protégée. Cependant, depuis quelques années, la couverture vaccinale est en net progrès, et le retard en voie d’être rattrapé.

 

 

Le besoin de toujours innover

La vaccinologie est une discipline récente, très évolutive, avec régulièrement de nouveaux vaccins disponibles ainsi que de nouveaux besoins de vaccination. Cependant, pour être utilisés, les nouveaux vaccins doivent présenter un réel intérêt par rapport aux attentes en termes de santé publique. C’est, par exemple, le cas du vaccin méningococcique C actuellement recommandé chez les jeunes adultes avant 24 ans. Cependant, tous les nouveaux vaccins élaborés n’ont pas encore fait preuve de leur utilité en santé publique. Pour d’autres, leur indication peut être adaptée selon les nécessités émergentes. Par exemple, un vaccin méningococcique protégeant contre un large éventail de souches de méningocoques susceptibles d’être rencontrées dans le monde est aujourd’hui pratiqué chez le voyageur. D’autres vaccins ont été conçus pour lutter contre un risque spécifique à certains pays : ainsi, le vaccin méningococcique A monovalent conjugué, utilisé dans des pays du Sahel, donne déjà des résultats remarquables dans cette population. D’autre part, certains nouveaux vaccins, comme celui contre le méningocoque B, sont en cours d’évaluation (utilité, efficience attendue dans une population donnée, coût/bénéfices) afin de préciser leurs indications. De même, le nouveau vaccin contre la dengue fait l’objet d’une réflexion concernant les choix à adopter : dans quels pays ? auprès de quelles populations ?

Il reste encore bien des risques infectieux qui ne sont pas couverts par des moyens de prévention aussi efficaces et pratiques que la vaccination. Les recherches sur la mise au point d’un vaccin contre le paludisme ou le virus du sida sont très actives mais n’ont pas encore permis d’aboutir à des solutions concrètes même si les pistes sont nombreuses.

 

 

Karelle Goutorbe

 

Le Pr Beytout déclare des liens d’intérêts avec les laboratoires GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur MSD et Pfizer.
« Cette interview a été réalisée pour le LIR par un journaliste intervenant à la demande de Global Média Santé. Le choix de la personnalité interviewée et des questions posées sont de la seule responsabilité de Global Média Santé. La rédaction de cette interview n’a pas été soumise à la relecture du LIR. »

Recommander cet article :

Publié le 14/12/13

Les 11 entreprises internationales membres du LIR

  • Laboratoire Abbvie
  • Laboratoire Astellas
  • Laboratoire Astrazeneca
  • Laboratoire Bayer
  • Laboratoire Boehringer Ingelheim
  • logo-gsk-2014
  • Laboratoire Janssen
  • MSD LOGO
  • Laboratoire Novartis
  • Laboratoire Roche
  • Laboratoire Takeda

 

Copyright © 1997-2018 Imaginons la Santé - c/o Régus Trocadéro - 112 Avenue Kléber - 75016 Paris

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON
Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.

Ce site ne collecte aucune donnée personnelle sans votre consentement préalable.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre Politique de confidentialité - En savoir plus

J'ai compris

Nous utilisons les technologies standard de l’Internet nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de ce site. Cela veut dire que, de fait, nous collectons et stockons des informations, mais par défaut ce sont des informations anonymes et qui ne sont stockées que le temps de votre visite.

Par exemple nous détectons le type de navigateur que vous utilisez pour que notre serveur vous délivre la page la mieux optimisée, ou nous déponsons un cookie de session pour assurer la sécurité de votre navigation.

Evidemment, si vous vous inscrivez à l’un de nos services (mailing liste, espace personnel, etc.), ou que vous nous contactez, nous vous demandons des données personnelles.
Pour savoir comment nous les gérons ou comment exercer vos choix, consultez notre Politique de confidentialité.