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Une nouvelle approche de recherche biomédicales : la recherche translationnelle

Une nouvelle approche de recherche biomédicales : la recherche translationnelle

Comment accélérer l’arrivée des innovations jusqu’au patient alors même que les connaissances et les données à intégrer en biologie n’ont jamais été aussi nombreuses ? Depuis 20 ans, l’accumulation des données de la génomique, de la protéomique, de la biologie des systèmes, des modèles animaux, de l’informatique, de l’imagerie… ont permis des avancées sans précédent dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques des maladies.

Mais pour réussir à transformer ces connaissances en progrès médicaux, il faut réunir dans une même dynamique les capacités de recherche développées en laboratoire et la capacité à les porter au niveau médical.

C’est ainsi que le concept de recherche translationnelle – transfert de la biologie à la clinique - est apparu et s’est imposé pour que les promesses de la recherche fondamentale se traduisent rapidement par une amélioration de la santé des individus et des populations.

De multiples définitions :

Selon l’Inserm : la recherche translationnelle est l’échange, la synthèse et l’application éthique des connaissances – dans un système complexe d’interactions entre chercheurs et utilisateurs – pour accélérer la concrétisation des avantages de la recherche, à savoiuk-panel-header uk-panel-headerr une meilleure santé, de meilleurs produits et services de santé et un système de santé renforcé.

Selon l’hôpital Robert Debré : alliance de la recherche fondamentale (en laboratoire) et de la recherche clinique (sur le patient), la recherche translationnelle permet de réaliser au sein d’une structure unique toutes les étapes de la recherche depuis ses aspects fondamentaux jusqu’à son application chez le patient. Une grande force de cette recherche translationnelle est d’instaurer un vrai dialogue entre patients, médecins et chercheurs autour de la pathologie dans le but de faire bénéficier les malades de nouveaux traitements.

Selon Roche : la recherche translationnelle est l’établissement de partenariats stratégiques avec les plus grands instituts de recherche académiques, avec pour objectif d’accélérer le transfert des avancées scientifiques vers des solutions thérapeutiques innovantes et personnalisées, au bénéfice des malades.

 Une Démarche pluridisciplinaire

Centrée sur le patient, la recherche translationnelle se base sur les échanges entre chercheurs fondamentalistes, cliniciens et épidémiologistes pour concevoir et valider les nouvelles stratégies préventives, diagnostiques, pronostiques ou thérapeutiques.

Elle assure un continuum entre la recherche biologique et la recherche clinique, en prenant en compte le patient dans toute sa complexité et doit se développer à proximité du patient afin de favoriser le flux des connaissances de la recherche vers son application au patient, et des observations faites chez le malade vers la recherche.

La recherche translationnelle peut se situer à différentes interfaces : recherche de laboratoire, préclinique, clinique, et enfin l’évaluation de l’impact de cette recherche. La recherche translationnelle est plus que des allers-retours entre différentes spécialités. Les expertises développées autour de la pathologie, avec le génotypage, les bases de données, alimentent des projets de recherche de tout type : génomique, génétique, physiopathologie…. Les résultats de ces projets de recherche à leur tour viennent nourrir les expertises autour du malade. Ces interactions permanentes débouchent soit sur des projets de recherche clinique, soit vers des projets de recherche fondamentale.

En cancérologie, par exemple, les projets de recherche translationnelle pourront s’appliquer à tester la pertinence d’une hypothèse biologique pour le diagnostic, le pronostic, le traitement, la prévention ou l’analyse du risque de cancer, ou bien de déterminer les bases biologiques d’une observation faite en clinique ou dans une population.

Alain Fischer, pédiatre, immunologiste à l’hôpital Necker-Enfants Malades, et directeur de l’IHU Imagine : « La recherche médicale est si complexe qu’il est essentiel de rassembler sur un même site des compétences multiples, à la fois en recherche fondamentale et en recherche clinique. L’enjeu est d’intégrer le mieux possible l’activité médicale avec les recherches à la paillasse, avec une capacité de retour rapide vers le malade. »

 Des enjeux médicaux et économiques

L’enjeu est non seulement d’accélérer l’arrivée des innovations, mais aussi d’accroitre la sécurité des patients, avec l’amélioration de la prédiction de la toxicologie : diversification des modèles animaux et développement de nouveaux outils comme les cellules souches humaines induites.

De plus, la mise en place des biomarqueurs pour déterminer des sous-groupes de patients ou suivre l’évolution de la pathologie est une des clés d’une médecine plus efficace : la capacité à prédire, de façon fiable et à un niveau individuel, le patient qui a le plus de risques de développer une maladie. Ce qui permet à la fois de mieux cerner la population-cible, et d’éviter d’imposer des traitements avec leurs effets indésirables à ceux qui ne vont probablement jamais développer de complications.

Enfin, il est clair que si chaque traitement est prescrit uniquement aux patients sur lesquels il sera efficace, la maîtrise des dépenses de santé n’en sera que meilleure.

Mise en place de structures favorisant ces échanges

Pour inclure cette approche au sein des centres hospitaliers, les liens entre les différents médecins spécialistes, les chirurgiens, les biologistes, les plateformes, les chercheurs doivent se resserrer, avec la création de structures de recherche translationnelle. La prise en charge des patients peut passer par des phases de traitements de routine puis de traitements encore au stade de recherche. La mise en place des Instituts Hospitalo-Universitaire (IHU) doit favoriser ce développement.

Des réseaux de recherche précompétitive peuvent se construire sur des atouts français - cellules souches, maladies rares, thérapie génique - en associant laboratoires pharmaceutiques, entreprises de biotechnologies, équipes académiques, associations de patients…

Damien Salauze, directeur de Curie Cancer : « Afin de maintenir un continuum entre la recherche clinique, la recherche translationnelle et la recherche fondamentale, nous avons créé un département d’études cliniques au sein de notre hôpital, tout en maintenant cette activité en liaison avec l’activité de soins. »

 

Dix questions sur la recherche translationnelle

1.    Pourquoi parle-t-on aujourd’hui de recherche translationnelle ?
L’afflux de connaissances des mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans les maladies a entraîné une nouvelle organisation de la recherche fondamentale et clinique. Les deux types de recherche se nourrissent l’une et l’autre. La recherche translationnelle favorise ces liens indispensables aujourd’hui pour transformer les résultats de la recherche en progrès médicaux.

2.    Quels sont les enjeux ?
La mise en place de ce maillon supplémentaire entre recherche fondamentale et clinique doit permettre d’accélérer l’application des recherches et de faire bénéficier plus rapidement au patient des innovations diagnostiques et thérapeutiques. Ce partage des connaissances entre les observations cliniques et la recherche fondamentale doit permettre également une meilleure prédiction de la toxicité des molécules en développement et une sélection plus fine du groupe de patients répondeurs. La médecine translationnelle porte donc des promesses en termes de sécurité sanitaire et maîtrise des dépenses de santé.

3.    Quels sont les exemples de cette approche ?
Les projets de recherche translationnelle peuvent se situer à différents niveaux : des études permettant de définir de nouveaux marqueurs cliniques, biologiques ou d’imagerie aux études épidémiologiques en passant par des études de toxicologie ou de biodistribution chez l’animal.

4.    Quels sont les acteurs de cette recherche ?
Les laboratoires académiques de recherche fondamentale, les équipes hospitalières, les Instituts de recherche (ICM, Institut Curie, IGR…), les associations ou fondations (AFM , Ligue contre le cancer…), les pôles de compétitivité, les laboratoires pharmaceutiques, les entreprises de biotechnologies… Les acteurs sont multiples et complémentaires, et chaque projet de recherche translationnelle va faire appel à de multiples expertises. Cette complexité est le reflet de la complexité du vivant.

5.    Quel est l’impact sur l’organisation de la recherche publique ?
Les instituts de recherche se sont dotés d’équipe de recherche translationnelle et de structures pour favoriser cette recherche. Ce lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique nécessite aussi de former les chercheurs fondamentaux à la clinique et vice-versa, et d’ouvrir la recherche académique aux partenariats avec les industriels qui développent les molécules innovantes, testées en préclinique et en clinique.

6.    Quel est l’impact sur l’organisation de la recherche privée ?
De la même façon, les équipes de R&D des industriels se sont ouvertes aux partenariats et se sont dotées des structures adéquates. Par exemple, le groupe Roche a créé  l’Institut Roche de Recherche et Médecine Translationnelle (IRRMT) dédié à la recherche partenariale dans les sciences du vivant.

En interne tous les groupes pharmaceutiques ont transformé l’organisation de leur R&D afin de rapprocher leurs équipes de recherche fondamentale et clinique, en intégrant également des équipes d’identification de biomarqueurs…

7.    Quelles sont les structures les plus adaptées pour cette recherche ?
Un des moyens pour atteindre cet objectif est la constitution de structures localisées ou de réseaux regroupant des chercheurs issus de l'académie, de la recherche fondamentale et cliniciens, et des chercheurs de l'industrie pharmaceutique possédant une masse critique et une expertise suffisantes pour favoriser le dialogue et les partenariats, indispensables à la recherche translationnelle et donc clé du succès : ICM, Institut du Cerveau et autres IHU, les IRT, les plateformes de biologie moléculaires de l’INCa et la grande infrastructure de recherche biobanques.

8.    Quels investissements sont consacrés en France à cette recherche ?
L’ANR (Agence Nationale de Recherche) organise des appels à projets sur la recherche translationnelle en santé. De la même façon, l’INCa a développé des programmes spécifiques consacrés à la recherche translationnelle. L’accent a été mis sur la recherche translationnelle amont, essentielle pour favoriser un flux d’échanges bidirectionnels entre la biologie du cancer et la recherche clinique. Les phases ultérieures qui concernent la mise en œuvre de nouveaux processus organisationnels, feront l’objet de futurs appels à propositions dans le cadre d’un programme spécifique consacré à la création de centres de recherche intégrée dans le  cancer. 

Les investissements en recherche partenariale en 2011 se sont élevés à 4 milliards d’euros, soit 10% de la dépense intérieure de R&D, selon le rapport de la mission sur les dispositifs de soutien à la recherche partenarial, publié en février 2013.

9.    Quelle est la place de la France ?
La France a des atouts avec des expertises reconnues dans certains domaines scientifiques et médicaux. Des instituts de recherche tels l’IGR, l’Institut Curie, l’ICM, l’Institut de la Vision ont acquis une renommée internationale. Les Plans Nationaux sur le Cancer, Alzheimer, les Maladies rares ont structuré les efforts de recherche. La création d’Aviesan, des IHU, les investissements d’Avenirs sont autant de signaux positifs et encourageants pour déployer la recherche translationnelle. Il faut renforcer ces initiatives, multiplier les partenariats publics privés pour prendre une place forte dans ce domaine.

10. Est-ce une recherche stratégique pour le futur ?
Sans aucun doute, à la fois pour les patients qui auront accès aux innovations plus rapidement. Mais également pour que la France reste attractive et attire les investissements en recherche des groupes internationaux. 

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Publié le 10/04/15

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