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Innovation en santé : des propositions pour avancer

Innovation en santé : des propositions pour avancer

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Alors que le système de santé français dispose d’atouts incontestables, l’émergence et surtout la diffusion des innovations en santé semble freinée par bon nombre de défis règlementaires, financiers et sociétaux. Le manque de cohérence constitue un frein à l’innovation.
André-Michel Ballester, senior advisor de LivaNova a piloté pendant neuf mois un groupe de travail multidisciplaire de l’Institut Montaigne sur l’innovation. Ce travail vient d'être publié et formule des propositions concrètes et opérationnelles pour restaurer la confiance, donnera de la visibilité et de l’attractivité à la filière santé, en vue de la transformer en secteur stratégique.

Ecoutez l'interview

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André-Michel Ballester, senior advisor de LivaNova était l’invité des Cafés de la Santé du Lir et de l’Institut Montaigne.

Quelles propositions dans le rapport de l’Institut Montaigne, en cours d’élaboration ?

Ce groupe de travail propose l’adoption d’un pacte pour l’innovation dans la santé à l’horizon 2025, ce qui permettrait de coordonner les actions et la stratégie des différents acteurs qu’ils viennent du public ou du privé, en vue de faciliter l’accès à l’innovation, en France.

Quelles pistes de réflexions sur les grands leviers de l’innovation ?

Tout d’abord, il faut former et attirer les talents pour faire émerger, développer cette innovation. La France est un terrain fertile pour la Recherche & le Développement. En matière d’essais cliniques, il faut encore améliorer la compétitivité de l’Hexagone dans ce domaine.
Autre piste : créer des écosystèmes favorables à l’innovation, dans lesquels des échanges entre les différents acteurs, à la fois industriels que publics, les financeurs, seront favorisés. Enfin, un élément central à l’accès à l’innovation pour les patients est le financement de cette innovation, à la fois en aval (de la recherche et des essais cliniques) mais également en amont dans l’accès au marché des nouveaux dispositifs médicaux, des médicaments, des technologies du numérique. Finalement, tout l’environnement réglementaire, sa stabilité, mériteraient d’être améliorés avec des propositions dans le domaine de prédilection de la Haute Autorité de Santé, de l’ANSM, qui doivent remplir leur missions et disposer des moyens nécessaires pour le faire.

Quels axes de transformation proposés par les membres du Lir ?

David Setboun, président de Biogen France et trésorier du Lir :  
Le secteur de la santé devrait être en France une priorité stratégique comme c’est le cas dans d’autres pays pour deux raisons : une priorité en terme de croissance et de potentiel d’innovation d’une part, une priorité pour garantir l’accès de l’innovation aux patients d’autre part..

Autres pistes : Autres pistes :

  • Revoir le système d’évaluation des ASMR, ne garder que trois niveaux, réviser les critères, déterminer en oncologie les critères qui sont devenus obsolètes vu la vitesse des essais cliniques, tenir compte de conditions méthodologiques et éthiques dans le développement.
  • Mettre en place un modèle de Fast Track pour un accès rapide des patients aux nouvelles technologies médicales et médicaments, pour pallier les insuffisances de l’ATU.
  • Mieux coordonner les moyens alloués à la recherche, publique, notamment via le Crédit d’impôt recherche, le statut de la jeune entreprise…
  • Rémunérer des acteurs d’un parcours de soin des patients, non plus uniquement sur un acte mais leur contribution à un système.
  • Evaluer un produit dans une approche systémique, en vie réelle, pour démontrer la plus value pour le patient et le système, avec un financement plus transversal.
  • Réfléchir tous ensemble pour trouver une dynamique, pour que l’innovation profite aussi bien aux patients, aux industriels, et génère des économies pour la collectivité.
  • Créer des hub régionaux, comme ceux qui existent aux Etats-Unis, à Boston par exemple.

 

Pour aller plus loin :

Présentation du rapport :

Nouveaux traitements contre le cancer, robots chirurgicaux, développement de la génétique, intelligence artificielle... la révolution numérique et les découvertes médicales bouleversent la vie des patients et présagent du développement à grande échelle d’une médecine préventive, personnalisée, participative et prédictive.

Face à cette révolution, la France - longtemps considérée comme l’un des pays les plus innovants en matière médicale, grâce à la qualité de sa recherche, de ses grandes industries et de son système de santé - peine à se distinguer dans la course internationale. Les innovations sont pourtant là, portées par une multitude de startups et de chercheurs talentueux. 

Comment expliquer un tel retard ?

Afin de comprendre ce paradoxe et apporter des solutions concrètes, nous nous sommes intéressés à l’ensemble des étapes de l’innovation en santé. Nous avons également rencontré de nombreux acteurs impliqués : chercheurs, hospitaliers, startups, industriels et financeurs... Ensemble, ils incarnent l’incroyable variété d’un secteur en pleine évolution. Nous avons choisi de concentrer notre réflexion sur trois familles d’innovations : les médicaments, les dispositifs médicaux et la santé numérique. 

L’analyse de ces trois domaines révèle des lacunes dues à d’importants blocages dans l’ensemble de notre écosystème universitaire, industriel, réglementaire et institutionnel. Ils ralentissent l’émergence de l’innovation biomédicale en France, alors même que notre pays dispose d’atouts incontestés.

Que faire pour changer la donne durablement ?

Nous avons identifié quatre leviers clés sur lesquels agir en priorité pour valoriser nos atouts et créer une filière visible et attractive à l’international :  

  • former et attirer les meilleurs talents pour faire émerger et développer les innovations ;
  • faciliter les connexions entre les acteurs à tous les niveaux ;
  • améliorer l’accès aux financements pour les entreprises innovantes comme pour la recherche ;
  • établir un environnement réglementaire propice à un accès rapide et sécurisé du patient aux meilleures innovations.

Une innovation trois fois gagnante

Trop souvent, l’investissement autour de l’innovation est perçu uniquement par les pouvoirs publics comme un coût, du fait d’une vision de court terme des dépenses de santé. Il s’agit, au contraire, d’un investissement sur le long terme triplement bénéfique pour les patients, la filière industrielle ainsi que pour le système de santé. 

innovation sante secteur strategique

Innover pour les patients 

En l’espace d’un siècle, les Français ont gagné près de 30 ans d’espérance de vie. Grâce aux innovations médicales et à la recherche en santé, de nombreuses maladies ont été éradiquées et nous sommes désormais capables de guérir ou de rendre chroniques des maladies autrefois mortelles. Ainsi, en 20 ans, la survie au cancer est passée de 80 à 87 %. De même, alors que l’espérance de vie des patients atteints de mucoviscidose ne dépassait pas l’âge de cinq ans dans les années 60, elle dépasse désormais les 40 ans. 

Un siècle d'innovations médicales

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Innover pour la filière industrielle 

La France peut compter sur des industries de santé historiquement puissantes, notamment grâce à sa filière pharmaceutique qui représente encore aujourd’hui le 2ème marché européen et des clusters d’innovation très innovants comme à Lyon par exemple.

Toutefois, face à l’arrivée de nouveaux secteurs tels que les biotechs (les médicaments issus du vivant) la filière industrielle française a des difficultés à peser sur la scène internationale. Elle ne compte que peu d’entreprises de taille intermédiaire dans le domaine des dispositifs médicaux et n’a pas encore fait ses preuves dans la e-santé, alors même que nous disposons de bases de données exceptionnelles dans ce domaine et de chercheurs extrêmement compétents. 

C’est en relevant le défi de l’innovation que nos industries conserveront leur excellence et leur place de premier rang au niveau mondial.

Les industries de santé en France : un secteur stratégique
- chiffres 2016 -

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Innover pour notre système de santé

Créé à une époque où l’on mourrait plus fréquemment de maladies aiguës, notre système de santé doit désormais faire face aux enjeux d’une population vieillissante vivant avec des maladies chroniques, qui nécessitent des soins dans la durée. 

Malgré les importantes dépenses annuelles consacrées à notre système de santé (près de 12 % du PIB), l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans en France est de 10,3 années soit 6 ans de moins qu’en Suède. 

Seule l’innovation pourra apporter des nouvelles solutions pour mieux soigner, améliorer la prévention et faciliter les parcours de soins tout en garantissant la maîtrise des coûts. 

La France en perte de vitesse dans la compétition mondiale

La France dispose de nombreux atouts à même d’encourager l’innovation. Néanmoins, force est de constater que dans un contexte de compétition internationale accrue, elle perd de la vitesse face à des pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Allemagne ou encore la Chine. 

Plusieurs freins permettent d’expliquer ce retard : 

La course internationale aux talents 

Avec des institutions telles que le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) ou encore l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et 10 % des études internationales de recherche clinique réalisées sur son territoire, la France est mondialement reconnue pour l’excellence de sa recherche scientifique et clinique

Pour autant, de trop nombreux chercheurs français choisissent de partir faire carrière à l’étranger sans jamais revenir en France. Les raisons de leur départ : le peu de perspectives d’évolutions professionnelles et salariales dans la recherche publique et la rigidité des parcours entre recherche privée et publique. Par ailleurs, attirer au sein de nos universités les meilleurs talents étrangers et casser les silos avec le secteur privé constituent un défi majeur. 

Enfin, les profils recrutés changent et les industries des sciences de la vie ont désormais besoin de profils très pluridisciplinaires, formés aux biotechnologies, au digital, aux enjeux des dispositifs médicaux. Les établissements d’enseignement supérieur doivent adapter leur offre à ces nouveaux enjeux.

Financement des entreprises : le difficile passage à l’échelle

Bien que la France crée de nombreuses startups (18 de biotech ou medtech  pour 1 million d’habitants, contre 10 pour un million aux Etats-Unis), beaucoup de ces entreprises, face aux difficultés à lever des fonds et à l’environnement réglementaire complexe, choisissent de faire leur développement hors de nos frontières. 

Il existe un grand nombre d’aides à l’amorçage pour les jeunes entrepreneurs souhaitant créer leur startup, mais les financeurs privés comme publics sont peu incités à investir dans le “passage à l’échelle” des entreprises (capital-risque et capital-développement) pour permettre aux startups de devenir des petites entreprises, puis des Entreprises de taille intermédiaire (ETI). Dans le domaine de la santé, les retours sur investissements peuvent être élevés mais il faut disposer d’une vision de long terme et connaître ce secteur, parfois jugé trop complexe et risqué par les investisseurs. 

Une réglementation instable 

L’instabilité et la lenteur de notre système réglementaire découragent souvent les entreprises innovantes à développer leur activité en France et privent les patients français de découvertes parfois réalisées dans leur propre pays. 

Bien que notre environnement normatif ait été pensé pour garantir aux patients un maximum de sécurité, les récentes crises sanitaires ont amplement contribué à crisper le débat autour des conflits d’intérêt et de la réglementation et à alourdir les procédures. Pour autant, alors que tous les pays font face aux mêmes défis, il est utile de voir que certains de nos voisins, à l’image du Royaume-Uni ou de l’Allemagne, ont su proposer des circuits rapides et transparents ainsi que des évaluations plus adaptées. 

Des délais de mise à la disposition des médicaments longs et préjudiciables pour les patients et les entreprises

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Notre pays peine également à renouveler la gouvernance et les compétences de ses grandes agences à l’image de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui ne disposent pas des moyens adaptés pour évaluer les nouveaux dispositifs et intégrer les nouveaux enjeux des NTIC et du numérique.

 

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>> Les propositions de l'Institut Montaigne pour faire de la France un leader de l'innovation en santé

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Publié le 11/07/17

Les 12 entreprises internationales membres du LIR

  • Laboratoire Abbvie
  • Laboratoire Astellas
  • Laboratoire Astrazeneca
  • Laboratoire Bayer
  • Laboratoire Biogen
  • Laboratoire Boehringer Ingelheim
  • logo-gsk-2014
  • Laboratoire Janssen
  • MSD LOGO
  • Laboratoire Novartis
  • Laboratoire Roche
  • Laboratoire Takeda

 

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