Découvrir de nouveaux traitements contre les cancers

Découvrir de nouveaux traitements contre les cancers

En 2008, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) répertoriait près de 12,7 millions de nouveaux cas de cancer dans le monde et 7,6 millions de décès. L’OMS estime qu’il y a aura 12 millions de morts en 2030. Ces chiffres élevés démontrent le besoin de connaissances et de traitements innovants : radiothérapie, médicaments..

Au vu de ces besoins médicaux non satisfaits, les laboratoires pharmaceutiques ont fait de l’oncologie une priorité, ce qui s’est traduit par une augmentation impressionnante de molécules en développement clinique..

En 2011, les industriels du médicament ont 887 molécules en développement1 contre 400 en 2005, le cancer reste un axe majeur de recherche et d’innovation.

Mais les industriels ne sont pas seuls dans cette bataille contre la maladie. Ils s’appuient et travaillent avec les meilleures équipes académiques au monde pour accélérer le décryptage de tous les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans l’apparition et la multiplication des cellules cancéreuses.

Cartographier chaque tumeur

Ces efforts de recherche et de développement sont soutenus par de grands programmes internationaux de séquençage de l’ADN de cellules cancéreuses afin d’identifier les anomalies de ces cellules. Par exemple, en 2006, le projet « The Cancer Genome Atlas » a débuté aux Etats-Unis avec l’objectif de créer une base de données de référence pour les changements génétiques présents dans les différentes cellules cancéreuses. Ce projet étudie une vingtaine de cancers. L’objectif est simple : mieux connaître les caractéristiques des cellules cancéreuses pour pouvoir développer des stratégies efficaces pour les détruire

Depuis 2000, en France, le programme « Carte d’identité des tumeurs » est piloté par la Ligue nationale contre le cancer. Objectif : définir la signature moléculaire des tumeurs à partir de l’analyse de l’ADN (génome) et de l’ARNm (transcriptome) des cellules cancéreuses. Il s’agit d’identifier non seulement les caractéristiques génétiques des cellules cancéreuses - les gènes présents en plusieurs exemplaires, les mutations, les cassures... - mais aussi les anomalies de l’activité de ces gènes – sur-expression de ces gènes... Ces connaissances sur les gènes actifs, spécifiques des tumeurs doivent permettre à terme de développer des médicaments ciblés sur ces caractéristiques, mais aussi pour chaque patient, préciser le diagnostic, prédire la réponse aux traitements et l’évolution de leur maladie, améliorer le suivi pendant et après le traiitement2. Près de soixante équipes de recherche sont aujourd’hui impliquées et elles ont accès à une des plus grandes bases de données de tumeurs en Europe, avec 6 000 échantillons tumoraux annotés3.

Des acteurs en France bien identifiés

En France, des efforts considérables ont été faits pour améliorer la recherche, le diagnostic, la prise en charge des patients. Tout d'abord au travers de deux Plans Cancer (2003-2013) déployés par les pouvoirs publics. Le premier Plan a permis la création de l’Institut National du Cancer (INCA) qui a structuré la recherche, et notamment la recherche clinique. L’INCA a publié pour la première fois un bilan des essais cliniques en cancérologie en France sur la période 2003-2010. Ce bilan montre une augmentation de 57 % du nombre de patients inclus en 2010 par rapport à 2008, année de référence4. En 2010, 34 000 personnes ont pu accéder le plus tôt possible à l'innovation et aux progrès médicaux et ont permis de faire progresser la recherche médicale.

Avec l’INCA et des instituts de recherche acteurs reconnus à l’international (IGR, Institut Curie....), ou encore les cancéropoles, la recherche académique sur les cancers est bien structurée, et les opportunités de partenariats sont visibles. Sans surprise, l’oncologie est ainsi le secteur où une majorité de collaborations entre les chercheurs du public et les chercheurs du privé a été nouée.

  • Le britannique GlaxoSmithKline est ainsi le partenaire de l’INCA, et l’Oncopôle de Toulouse.
  • Le suisse Roche a des accords avec l’Institut Curie et l’IGR. L’américain Abbott soutient un programme de recherche conduit par l'INSERM et le service d'hématologie du CHU de Nantes sur les bases moléculaires des thérapies ciblées dans le myélome multiple et le lymphome du manteau.
  • MedImmune, la branche biotechnologique d’AstraZeneca, a conclu avec Inserm-Transfert une collaboration en recherche fondamentale, notamment dans le domaine de l’oncologie. Cet accord place MedImmune parmi les dix premiers partenaires de l’Inserm en termes financiers.
  • Merck-Serono a un programme de développement de biomarqueurs en cancérologie avec le Cancéropole Grand Ouest.

Les nouvelles avancées scientifiques, telles le séquençage du génome humain, ont démontré toute la complexité des cancers. Pour apporter des réponses thérapeutiques à l’ensemble de ces maladies, les investissements dans la recherche à la fois publics et privés sont colossaux et doivent se retrouver au sein de partenariats fructueux.

 

2 http://www.ligue-cancer.net/article/la-recherche/carte-d-identite-des-tumeurs
3 http://www.e-cancer.fr/recherche/biologie-du-cancer/programmes-en-partenariat/programmes-de-recherche
4 Bilan national des activités en recherche clinique 2003-2010. Collection Rapports & synthèses, ouvrage collectif édité par l’INCa, Boulogne-Billancourt, février 2012.

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Publié le 08/11/12