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Cancers : de nouveaux enjeux pour demain

Cancers : de nouveaux enjeux pour demain

Afin de comprendre la complexité des cancers et trouver de nouvelles pistes pour les guérir, les collaborations entre équipes de recherche privées et publiques sont essentielles. Organisées sous le Haut Patronage du Premier Ministre, le 13 novembre 2012, les Rencontres Internationales de Recherche sur le thème des cancers ont fortement mobilisé.

Initiative du LIR en 2009, ces rencontres sont un lieu privilégié où se retrouvent les meilleures équipes académiques et les patrons de recherche des grands laboratoires pharmaceutiques avec un objectif commun : trouver des partenaires pour avancer plus vite. Ces rencontres ont été l’occasion de rappeler les enjeux de la recherche sur le cancer et les pistes thérapeutiques les plus prometteuses.

Les besoins médicaux sont encore très importants. Le cancer reste la première cause de mortalité en France, et est responsable d’environ 30% des décès chaque année. En 2011, l’InVS (Institut de Veille Sanitaire) a ainsi recensé près de 150 000 décès par cancer. Le risque de mourir d’un cancer a pourtant diminué de 24% en 25 ans1, au rythme des innovations thérapeutiques et des actions de prévention. Cependant, le vieillissement des populations et nos habitudes de vie font augmenter le nombre de patients atteints d’un cancer. En France, le taux d'incidence tous cancers confondus a augmenté chez l’homme comme chez la femme entre 1995 et 2005 (respectivement +14% et +17%)2 . L’InVS a comptabilisé près de 365 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2011.

Trois questions à Fabien Calvo, directeur général adjoint de l’INCa et directeur de l’ITMO Cancer, d’Aviesan.

 

Pourquoi ce besoin de partenariats publics privés dans la recherche en oncologie ?
Le domaine de l’oncologie est tellement complexe, et les approches pour aborder cette complexité sont tellement difficiles qu’il est absolument nécessaire d’avoir ces passerelles entre la recherche publique et la recherche privée.

 

Sur ces partenariats de recherche, quel est le bilan des rencontres internationales de novembre 2012 ?
C’est un vrai succès. Plus de 200 rendez-vous en face à face ont été possibles, avec des représentants du plus haut niveau scientifique des deux côtés. Avec cette journée de rencontres, nous avons élargi le champ des équipes susceptibles de collaborer.

 

L’oncologie est un des points forts de la recherche française ?
Tout à fait, nous avons une recherche structurée à la fois fondamentale et clinique, et un accès optimisé des patients aux thérapies ciblées avec les 28 plateformes de tests moléculaires. La mission de la recherche académique est d’élargir les pistes de recherche et de trouver des approches originales. Il faut avancer vite car encore trop de patients attendent de nouveaux traitements.

Identification des facteurs de risque

Beaucoup de données restent à collecter pour comprendre la survenue des cancers. Certains liens sont connus entre le tabac et le cancer des poumons, l’alcool et le cancer du foie, virus et cancer du col de l’utérus, la sédentarité, l’excès de poids, les facteurs génétiques, l’exposition professionnelle... Pour la moitié des cancers, les causes sont connues, ce qui permet de mener des actions d’informations et de lutte. Cependant, pour l’autre moitié, tout reste à faire.

Afin d’identifier les facteurs de risque liés à l’environnement ou aux comportements, des études sur des cohortes sont essentielles, telle l’étude E3N. Cette étude épidémiologique de l’INSERM s’appuie sur les données de 100 000 femmes françaises adhérentes à la MGEN et suivies depuis 1990. Elle a pour objectif l’identification et l’analyse du rôle de certains facteurs dans la survenue des cancers de la femme (tabac, alcool, nutrition, vie sexuelle, prise de traitements hormonaux...). Ces études épidémiologiques sont à renforcer afin d’une part de mieux comprendre les éléments déclencheurs d’un cancer, et d’autre part de pouvoir mettre en place des actions de prévention.

Bloquer la croissance et la multiplication des cellules cancéreuses

Agir sur les voies de signalisation
Le développement de la tumeur est favorisé par l’activation de récepteurs présents en grande quantité à la surface des cellules cancéreuses par des facteurs de croissance circulant dans l’organisme : EGF (Epidermal Growth Factor), HER (Human Epidermal growth factor receptor) ou encore IGF (Insulin-like Growth Factor). Beaucoup de molécules en développement aujourd’hui en cancérologie tentent de bloquer l’effet de ces facteurs, soit en empêchant la liaison de ce facteur à son récepteur, soit en bloquant un des éléments de la transmission du signal à l’intérieur de la cellule. Parmi les voies de signalisation les plus étudiées se trouvent la voie MAP kinase Raf/MEK/ERK qui joue un rôle important dans la prolifération cellulaire, l’apoptose et l’induction des métastases et la voie PI3K/Akt/mTor, dont l’activation anormale est fréquemment observée dans les cancers.

Lors des RIR 2012, une des équipes de recherche académique a présenté une approche pour bloquer la dimérisation du récepteur, indispensable à la transmission du signal. D’autres ont proposé d’agir sur des récepteurs à dépendance : en absence de ligand, ils envoient un signal de mort cellulaire, ou encore ont proposé de provoquer la dégradation de la protéine cible, plus efficace que son inhibition.

Empêcher la vascularisation
Une autre approche est d’empêcher la formation de nouveaux vaisseaux sanguins – l’angiogénèse - par la tumeur, ces vaisseaux ayant une fonction essentielle pour l’accès aux nutriments nécessaires à sa croissance. Un des médicaments ciblant le VEGF (Vascular Epidermal Growth Factor) a été commercialisé au début des années 2000, et connait un grand succès. Les pistes de recherche actuelles se focalisent toujours sur le VEGF mais aussi sur le PDGFR (Platelet-Derived Grotwh Factor Receptor) et sur c-kit, un récepteur tyrosine-kinase, présent à la surface des cellules.

Réveiller le système immunitaire de l’organisme
La tumeur va déployer un certain nombre de stratégies pour éviter que le système immunitaire de l’organisme joue son rôle et élimine les cellules prolifératives. De nombreuses approches d’immunothérapies sont développées actuellement visant différentes cellules du système immunitaire de façon à ce que des mécanismes de défense se déclenchent dirigés contre les cellules tumorales. Des anticorps ont été développés, dirigés contre les molécules qui empêchent la contre-offensive du système immunitaire : anticorps anti-CTLA4, anticorps anti-PD1. Des vaccins thérapeutiques sont à l'essai contre des mélanomes, des cancers de l'ovaire ou du sein. Il s’agit alors d’injecter au patient des éléments des cellules cancéreuses qui vont pousser les cellules T ou les cellules dendritiques du système immunitaire du patient à réagir.

Toutes ces recherches fondamentales menées par des équipes académiques ou privées permettent d’avancer dans la compréhension des anomalies moléculaires et cellulaires conduisant à la cellule cancéreuse. Elles sont essentielles pour identifier de nouvelles stratégies de lutte et développer des médicaments innovants et efficaces.

 

Entre 2004 et avril 2012, l’INCA (Institut National du Cancer) indique que 38 molécules anticancéreuses ont obtenu une première AMM européenne. Près d’un millier de composés sont en essais cliniques.

 

L’afflux de nouveaux traitements permettront encore plus d’affiner les stratégies thérapeutiques, et de les adapter au profil moléculaire de la tumeur et du patient.

Développement d’une médecine personnalisée

La grande évolution ces années dix dernières années a été sans conteste l’arrivée des thérapies ciblées. L’étude de chaque tumeur dans ses moindres détails a mis en évidence des particularités qui ont été la cible de nouveaux traitements, avec à la clef plus efficacité et moins d’effets secondaires. C’est le concept de la médecine personnalisée, avec de premiers succès au début des années 2000, avec par exemple la leucémie myéloïde chronique avec Novartis ou le cancer du sein avec Roche.
En 2011, les thérapies ciblées représentaient près de 66 % des dépenses d'anticancéreux pour le secteur public et 75 % pour le secteur privé3. Depuis, chaque année, de nouveaux traitements ciblés sont proposés. En 2011, deux médicaments ont bouleversé l’arsenal thérapeutique dans le mélanome métastatique, un inhibiteur enzymatique ciblant la mutation de la protéine BRAF et une immunothérapie ciblant un récepteur des lymphocytes T.

La caractérisation moléculaire de la tumeur devient un critère déterminant dans le choix de la stratégie thérapeutique et permet de prédire individuellement la réponse à un médicament. Les chances de guérison des patients augmentent avec la mise en place très tôt du traitement adapté, ainsi que leur qualité de vie puisque l’administration de traitements inefficaces est évité.

Ces thérapies ciblées, qui s’adressent à des sous-groupes de patients nécessitent le développement et l’utilisation d’un test diagnostique – appelé test compagnon - pour identifier le patient sur lequel elles seront efficaces. En France, ces tests sont accessibles à tous les patients, grâce à une organisation unique et qui est en passe de devenir un modèle pour les autres pays, les 28 plateformes de tests moléculaires labellisées par l’INCa. Ces plateformes permettent à tout patient de bénéficier des tests indispensables pour déterminer la thérapie la plus efficace sans perdre de temps, ou bien pour lui éviter de prendre un traitement inefficace. Pour le moment, 17 tests unitaires sont réalisés. En 2011, ce sont environ 50 000 patients4 qui en ont bénéficié. Mais déjà, L’INCa réfléchit pour faire évoluer ces plateformes et les doter d’outils de séquençage haut débit pour pouvoir réaliser pour chaque patient, une analyse plus complète du profil moléculaire de sa tumeur. A l’avenir, le couple traitement/test compagnon, cèdera la place au couple : profil moléculaire/une stratégie thérapeutique.

Cette approche de médecine personnalisée transforme les liens entre les professionnels de santé, et demande une nouvelle organisation des hôpitaux. La complexité du diagnostic et des décisions thérapeutiques s’est accrue, et demande la mise en place de structures de recherche translationnelle où chercheurs et cliniciens se rapprochent. Le parcours du patient se densifie avec des passages entre chirurgie, biologistes, spécialistes, centres experts...

Des recherches sont actuellement menées pour comprendre si l’approche par organe n’est pas à remplacer par une approche moléculaire. Le profil de la tumeur déterminerait ainsi son traitement, quelque soit l’organe qu’elle touche. La prise en charge, le parcours du patient serait alors à revoir en profondeur au sein du système de santé.

Ce qu'il faut retenir :

Une recherche française structurée

  • Création en 2005 de l’Institut National du Cancer (INCa) pour coordonner les efforts de recherche
  • Environ 20 à 25% des unités de recherche françaises académiques sont impliquées dans le domaine du cancer. Elles sont rassemblées au sein d’un Institut thématique multi-organismes (ITMO), dirigé par le Pr Fabien Calvo
  • des instituts de recherche reconnus à l’international (IGR, Institut Curie....), ou encore les cancéropoles

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Publié le 02/06/13

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