CONSOMMATION DE MÉDICAMENTS
FRANCE ET CONSOMMATION DE MEDICAMENTS EN QUANTITE : HALTE AUX IDEES REÇUES ! (février 2010)
(cf. aussi l'étude en document interactif en bas de l'article)
L’examen des études disponibles montre que la question de la consommation française de médicaments en quantité a beaucoup évolué depuis les années 90.
Pathologies majeures : la « pente » française actuellement en queue du peloton européen.
Pour presque toutes les pathologies majeures et chroniques étudiées (ici 8 grandes pathologies représentant près de 40 % des remboursements de médicaments), on constate entre 2000 et 2005 une croissance nettement plus rapide de la consommation en quantité chez chacun de nos quatre grands voisins qu’en France (étude Essec-Santé confirmée par étude Le Pen).
De plus, sur la dernière période 2004-2008, un autre travail (Direction de la Sécurité sociale), limité à trois de ces grandes pathologies mais élargi à huit pays, a confirmé que la pente française de croissance des « volumes » est en queue du peloton européen.
Médicaments à 35 % : de grands changements.
Dans les classes plus « mineures », des pans de consommation qui pesaient lourd, non pas tant en valeur mais en quantité (10 % du marché remboursable en nombre de boîtes), ont vu leur consommation chuter de 60 % en volume, suite aux déremboursements de 2006-2008. On peut ajouter à cela une classe qui était souvent citée pour sa « surconsommation » mais qui est restée remboursée, les vasodilatateurs, dont les quantités vendues ont chuté des deux tiers en dix ans.
Aujourd’hui, si les classes remboursées à 35 % représentent encore près de 30 % des boîtes du marché remboursable, elles ne font plus que 6 % des remboursements de médicaments de la Cnamts. Elles sont donc davantage un sujet pour les complémentaires que pour l’assurance-maladie.
Des exemples que les comportements peuvent évoluer.
Des résultats assez spectaculaires ont été obtenus dans la classe emblématique des antibiotiques (depuis 2000 : -16 % à -25 % selon les critères), ce qui montre que les comportements peuvent changer quand des actions fortes sont menées en direction des médecins et des patients.
Pour les tranquillisants, où la France n’est d’ailleurs pas toute seule à son très haut niveau (avec l’Espagne), la baisse est plus marginale en nombre de boîtes mais la « désaccoutumance » est assez nette en doses consommées par habitant (-14 % en 10 ans : étude Afssaps) ce qui témoigne nous semble-t-il d’une prescription plus pesée. Cette spécificité française est souvent citée à juste titre à cause des très grands écarts de consommation entre pays. Mais elle a un faible poids économique : même en ajoutant aux tranquillisants les hypnotiques/sédatifs, l’ensemble ne fait que 1 % du marché total en valeur.
Chaque pays a ses classes de prédilection...
Aujourd’hui, les pays leaders - et le classement des pays - sont très variables selon les classes et avec des écarts très importants (cf. tableau), preuve du caractère multi-factoriel de la consommation de médicaments en quantité. Globalement parlant, la France serait probablement toujours en tête du peloton des 5 grands européens en 2008 si on « additionnait » toutes les classes du marché, majeures et plus mineures (pour autant que cela ait un sens). Mais l’écart s’est considérablement réduit depuis 2000.
...et le haut niveau français est aussi la contrepartie d’un système ouvert et généreux...
Il y a certes des facteurs « culturels » et comportementaux qui sont enracinés collectivement et qui expliquent telle ou telle particularité d’un pays. Mais le facteur explicatif sans doute le plus important pour la France est son système de soins : haut niveau de couverture (93 % des personnes ont une complémentaire qui couvre, en tiers payant, à 100 % pour le médicament – sauf le très récent forfait de 0,50 euro), combiné à un haut degré de liberté pour consulter et une grande liberté laissée au médecin (objectifs médicalisés seulement depuis 2005, non opposables).
Les autres pays ont souvent des systèmes moins généreux pour le patient ou plus encadrés pour les médecins. Pourtant, actuellement, on a vu qu’ils progressaient nettement plus vite en consommation quantitative. Ce « rattrapage » apparent vient de la demande de santé, qui est forte partout : les maladies graves et chroniques sont en hausse - et pour les mêmes raisons - dans tous les pays occidentaux : cancer, pathologies cardiovasculaires, obésité, diabète, asthme, dépression, maladies dégénératives, allergies,...
Ces pathologies sont le cœur de la croissance du marché.
C’est pourquoi, à l’avenir, comme le fait d’ailleurs déjà l’étude Cnamts, le débat va se porter sur la structure de consommation et in fine la comparaison en valeur, et non plus en quantité. Autrement dit, à quantité donnée, on prescrit des produits plus ou moins chers selon les pratiques médicales et les incitations financières médecins/patients qui existent dans les différents pays. Derrière, il y a la question du poids des génériques et celle de la pénétration des produits récents, généralement plus efficaces ou mieux tolérés, mais alors plus chers.
En bonne logique, on ne devrait pas parler de surconsommation a priori (même s’il est évident qu’il faut lutter contre le gaspillage et l’iatrogénie) mais regarder les besoins et comment ils sont pris en charge, pathologie par pathologie. En effet, même dans les pays développés, une fraction non négligeable de la population vit avec des maladies chroniques soit non dépistées, soit non (ou mal) prises en charge. Peut-être est elle moindre dans un pays comme la France qui rembourse très bien et sans files d’attente !
...système enviable, mais qui a un coût qui nous concerne tous.
Si on élargit la perspective, on constate que la France est au 3e rang mondial pour le ratio dépense totale de santé/PIB avec 11 % derrière les USA et la Suisse (source OCDE) et au 1er rang de l’UE à 27 pays devant la Suède pour les dépenses totales de protection sociale, avec 31,1 % du PIB (source Eurostat).
C’est pourquoi, faire du médicament le bouc émissaire des déficits, ce serait oublier les progrès de ces dernières années, mais ce serait surtout passer à côté de la réforme structurelle à amplifier : le système français est facile d’accès et généreux, mais cela a un coût socialisé, et tous y contribuent (professionnels, patients, complémentaires,...). En même temps, nos habitudes de vie expliquent largement la hausse des pathologies (alimentation, tabac, sédentarité, modes de production, pollution).
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Consommation de médicaments : la France en ligne avec les besoins de la population (juillet 2007)
Le niveau de consommation de médicaments en France est souvent considéré comme l’un des plus importants d’Europe. Ainsi, en 2000, la France était le premier consommateur de médicaments dans 4 classes (hypocholestérolémiants, antidépresseurs, tranquillisants et antibiotiques).
Or, une étude menée sur 5 pays (France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni) et sur 7 classes de médicaments par la Chaire ESSEC Santé, Economie et Gestion de la Santé et le laboratoire GlaxoSmithKline en février 2007 révèle que la France n’est plus en tête dans aucune classe en 2004.
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Pour les français, le progrès thérapeutique est un investissement pour leur santé. (Sondage LIR* / TNS SOFRES - Octobre 2005)
Pour tout savoir sur l’attachement des Français aux médicaments de recherche les laboratoires membres du LIR ont commandé un sondage en octobre 2005. Les principaux résultats soulignent l’importance du médicament de recherche pour la santé des Français et les dangers que des taxes supplémentaires sur les entreprises pharmaceutiques feront peser sur la recherche et l’innovation à venir.
• 62% des personnes interrogées redoutent que la baisse des prix des médicaments imposée aux laboratoires pharmaceutiques ne diminue leur capacité d’investissement en recherche et innovation.
• 82% des Français font confiance aux laboratoires pour trouver des solutions thérapeutiques contre la grippe aviaire.
>> Le communiqué de
presse
>> En savoir plus
(pdf)
"Impact de la mesure du dépôt de prix. Bilan et perspectives” (pdf)
(Septembre 2004-Octobre 2005)“Bilans et suivi de la mesure de dépôt de prix destiné à améliorer les délais d’accès des patients aux médicaments innovants en France.
Auteurs : Nextep pour Agipharm et le LIR.
Les “Tableaux de Bord Santé”, pour apporter un éclairage sur les grands enjeux de santé publique
“Besoins médicamenteux liés à 3 familles de pathologies traitées en ville” (pdf) [Octobre 2001]
Etude de la consommation de trois classes médicamentauses liées à 3 familles de pathologies fréquentes traitées en ville et régulièrement montrées du doigt par les pouvoirs publics : les anti-sécrétoires, les anxiolytiques et les hypnotiques, les antibiotiques. Il en ressort des facteurs explicatifs multiples et diversement associés : épidémiologie importante, insuffisance d’éducation des médecins et des patients, manques de référentiels, absence d’évaluation, politique de régulation de prix,…
Auteurs : A.C.E - Annie Chicoye et Anne Laure Piard
JNB-Développement - Véronique Toully et Benoît Fernandez
Regarder autrement , pour analyser et agir en faveur du système de santé
“Médicament et Hôpital : la nouvelle donne” (synthèse - pdf) [Septembre 2003]
Loin des idées reçues, le Professeur Claude Le Pen, économiste de la santé, collige pour la première fois les données sur la relation complexe médicaments-hôpital. Il montre, dans cette étude, la double contribution du médicament au progrès de santé et à la diminution structurelle des frais d’hospitalisation.
Auteurs : Claude Le Pen ( Professeur à l’Université de Paris-Dauphine / Directeur scientifique de CLP-Santé) pour le LEEM et le LIR
“La santé publique en France, quelle vision stratégique ?” (synthèse - pdf) [Octobre 2002]
Cette analyse apporte des éclairage inédit à deux principales questions au Coeur du débat sur la politique de santé en France : comment définir une politique de santé publique ? Peut-on réellement médicaliser l’ONDAM ?
Auteurs : ACE - Annie Chicoye et Anne-Laure Piard
et JNB-Développement – Véronique Touly et Sylvie Grenêche.
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“Industrie pharmaceutique. Innovation et économie du secteur. Eléments de réflexion.” (synthèse - pdf) [Septembre 2002]
Au delà des visions fragmentaires et des idées reçues, l’étude révèle un secteur fragilisé par la remise en cause de son modèle économique, l’accroissement de ses risques “traditionnels” et l’émergence rapide de risques nouveaux.
Auteurs : ACE et JNB-Développement
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“L’impact d’un système de dépôt de prix pour l’industrie pharmaceutique” (pdf) (Avril 2001)
En démontrant le ratio coût-bénéfice très favorable d’un tel système – simplicité et transparence pour les industriels, accès plus rapide des patients aux innovations, surcoût très modérés pour les pouvoirs publics – ce travail sous-tend une autre des propositions inscrites dès 2003 dans la loi de financement de la Sécurité Sociale.
Auteur: Claude Le Pen.